1er mai 2012

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  • Revue de presse avril 2012

    le 3 mai 2012 à 12:44, par Karen Brandin

    Un grand merci tout d’abord pour ce tour d’horizon très complet qui permet de s’approprier d’un coup d’oeil ou presque l’actualité des mathématiques telle qu’elle est en particulier relatée ce mois dans les différents magazines de vulgarisation (je pense au tore plat, nombres multizêtas, et à l’article « Maths : jusqu’où iront-elles ? »).
    L’ouvrage d’Anne Siety qui m’a bien davantage séduite que le précédent. Néanmoins même les enseignants en fin de carrière que j’ai pu interroger ont heureusement rarement eu l’occasion de rencontrer des élèves traumatisés par les mathématiques. C’est toujours une rude épreuve d’être mis en difficulté, voire (pour un temps au moins) en échec mais il faut un contexte très particulier pour qu’un traumatisme en résulte. Je n’ai jamais enseigné au collège donc il est possible que certains enfants, qui ont une tendance à être de petites éponges à émotions identifient un enseignant maladroit à la matière jusqu’à en être « dégoûtés » mais a priori rien n’est irréversible. Avec les années et la maturité, on apprend à aimer les choses pour elles mêmes, heureusement.
    Merci aussi pour ce rayon de soleil voire l’invitation au voyage contenus dans ces quelques lignes que je désespérais de lire un jour :
    « Le quotidien annonce en effet l’ouverture à la prochaine rentrée scolaire d’un « lycée dédié à l’enseignement des mathématiques », initiative motivée par « l’impérieuse nécessité de valoriser les filières scientifiques, notamment par l’amélioration de la qualité de l’enseignement des mathématiques et par la prise en charge des meilleurs candidats sur la base de leurs résultats scolaires. »

    On en rêvait et ils vont le faire ; l’Algérie terre d’asile, terre d’accueil pour les profs de Métropole découragés, qui sait ?
    Justement je conclus par une remarque autour de la phrase :
    « Cela fait des années que l’on tend vers plus de concret, que l’on n’appelle plus une droite une « variété affine en bijection avec l’ensemble des nombres réels »

    Je n’ai pas connu (ou devrais-je dire « subi ») cet enseignement et il est évident qu’il était déséquilibré car c’est important pour s’attacher aux objets de s’en faire une représentation intuitive, affective même si elle n’est qu’un pâle reflet de la réalité et sera appelée à être enrichie au fur et à mesure que l’on progresse mais il faut trouver une juste mesure. On ne peut pas faire croire aux élèves que les maths sont faciles, qu’elles consistent seulement à calculer des taux d’intérêt, des intervalles de fluctuation, à maximiser des bénéfices, minimiser des coûts.
    Il faut leur donner la chance, l’opportunité d’apprendre des choses abstraites car certains sont fait pour çà ; il faut aussi de plus en plus leur en donner le courage car ils n’en ont jamais eu plus besoin (c’est une anecdote mais je n’ai pratiquement pas un seul terminale S cette année qui a souhaité faire le sujet du bac de Pondichéry du 18 Avril ; j’ai dû insisté ce qui ne m’était jamais arrivée. Il faut les tirer vers le haut sans jamais faiblir).
    Sinon d’ici quelques années des ouvrages entiers (je pense à la double page dans Science et vie de ce mois où l’on voit une pile de magnifiques livres et de livres magnifiques) deviendront inaccessibles sauf pour quelques érudits survivants d’un autre monde, çà me semble terrible.
    Je ne travaille jamais avec les manuels des élèves lorsqu’il s’agit de soutien scolaire (les nouvelles éditions tiennent plus du magazine selon moi que du livre mais il faut vivre avec son temps paraît-il ;-() mais il y a un mois environ, je n’ai pas eu le choix. L’exercice (de seconde) portait sur les fonctions, je ne me souviens malheureusement pas du texte dans son intégralité mais il commençait ainsi : « Charlie veut racheter la chocolaterie de son oncle. » Il y avait 7 ou 8 lignes de textes d’un niveau de langue moins évolué qu’en primaire au point que j’ai retourné le bouquin pour vérifier que c’était bien le sien. Tous les mots mathématiques étaient soigneusement évités. « On a tracé en vert la recette ». Qu’est ce que çà veut dire ?
    Nous avons été tellement nombreux il y a quelques années à rire du pamphlet intitulé Le problème de la mémorable phrase : « Souligne les mots pommes de terre et parles-en avec toi voisin ». Encore un petit effort et on y sera (ce sera plutôt « et envoie un sms à ton voisin » mais ...).
    À moi l’Algérie ;-).

    PS : Pour un moment de nostalgique détente, Véronique et son cancre ...

    http://www.youtube.com/watch?v=56TWuOmNFTw

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