15 août 2017

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  • Éditeurs prédateurs

    le 15 août 2017 à 21:30, par Jean-Paul Allouche

    Bonjour

    La liste des revues prédatrices, à jour début 2017, peut être retrouvée grâce à la machine à « remonter le temps sur le web » (web.archive.org), par exemple en cliquant ici.

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  • Éditeurs prédateurs

    le 30 août 2017 à 17:56, par Carlo

    J’ ai lu dans la revue de presse de mai 2017 que Thomas Royen a publié ses résultats dans un journal inconnu. Sont-ils des éditeurs prédateurs aussi dans ce cas là ?
    Que pensez-vous de cette histoire ?

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    • Éditeurs prédateurs

      le 30 août 2017 à 21:44, par Jérôme Germoni

      C’est une « affaire » intéressante, merci d’attirer mon attention sur elle !

      En 2014, Thomas Royen, professeur de statistique et de mathématiques retraité de l’université de sciences appliquées de Bingen, a donné une preuve de la conjecture de corrélation gaussienne (en) et l’a publiée dans le Far East Journal of Theoretical Statistics. Mais l’article est passé complètement inaperçu jusqu’à ce que les mathématiciens polonais Rafał Latała et Dariusz Matlak récrivent sa preuve fin 2015 et le fassent ainsi connaître. En janvier 2017, elle a fait l’objet d’un exposé au séminaire Bourbaki, ce qui est une marque de reconnaissance.

      On a donc une solution élégante d’un problème célèbre – dans le monde de la géométrie convexe, disons – qui a mis plus de deux ans pour être diffusée dans le milieu. C’est assez étonnant.

      Depuis quelques années, les travaux scientifiques circulent largement dès qu’ils sont déposés sur les bases de données de prépublications comme arXiv. Le titre du papier de Royen aurait dû attirer l’attention. Mais en 2014, sa notoriété n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui ; de plus, la conjecture de corrélation gaussienne est connue pour avoir donné lieu à plusieurs démonstrations fausses. Cela peut expliquer que le preprint soit passé inaperçu.

      Ensuite, son choix du Far East Journal n’a pas rattrapé les choses. Royen avait expertisé plusieurs articles pour cette revue et il en avait même rejoint le comité éditorial : il lui était sans doute facile d’y publier un article. Malheureusement pour Royen, non seulement cette revue est peu diffusée, mais elle est publiée par Pushpa Publishig House, qui figure sur la liste de Beall des éditeurs prédateurs. Aussi, la publication a fait long feu.

      Ce choix de Royen reste un peu mystérieux. Il a apparemment voulu publier très vite, trop vite, au détriment de la qualité de la revue : voulait-il classer l’affaire ou s’assurer la paternité de la preuve ? Peut-être a-t-il essayé de valoriser la revue qu’il venait de rejoindre en y faisant paraître un résultat significatif ? (Mais c’est son article qui a (provisoirement) sombré dans les oubliettes de l’édition !) Peut-être a-t-il sous-estimé la faible diffusion, voire la mauvaise réputation de la revue ?

      En définitive, je trouve tout cela plutôt sain : l’erreur stratégique de Royen a été effacée et n’a conduit qu’à une perte de temps avant qu’on reconnaisse son travail. Plusieurs spécialistes l’ont valorisé et fait connaître. Comparez au roman Solar d’Ian McEwan ! La situation y est bien moins vertueuse !

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  • Éditeurs prédateurs

    le 3 septembre 2017 à 11:13, par Ludovic Rifford

    Bonjour,

    article très intéressant !! J’essaie de tenir à jour une liste de journaux mathématiques fonctionnant en Diamond Open Access (voir ici https://www.cimpa.info/en/node/62), toute suggestion de revue manquant dans la liste est bienvenue.

    Ludovic

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  • Éditeurs « prédateurs » ?

    le 4 septembre 2017 à 14:40, par Thierry Bouche

    Bonjour, personnellement ce terme de prédateur m’agace. L’expression anglaise a été créée par Beall dont on sait maintenant qu’il avait un avis assez tranché contre le libre accès et qu’il cherchait à démontrer sa nocivité.
    Pour moi, les vrais prédateurs de l’édition sont les grandes multinationales qui pompent allègrement les ressources des universités en installant un système de rente forcée.

    Les éditeurs aux pratiques discutables (pour reprendre l’euphémisme utilisé par le DOAJ) dont il est question ici sont juste des escrocs. Je trouve dommage qu’on utilise en français un décalque de l’anglais alors qu’on aurait pu profiter du changement de langue pour leur affecter un qualificatif plus adapté à leur véritable activité !

    Pour les jeunes (?) scientifiques incapables de savoir où soumettre leur travail (!), il existe une check list : http://thinkchecksubmit.org/ qui est peut-être à utiliser avec des pincettes, vu les organisations qui l’ont mise en place...

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    • Éditeurs « prédateurs » ?

      le 8 septembre 2017 à 17:36, par Jérôme Germoni

      Bonjour,

      Je comprends qu’on puisse avoir des réserves sur le terme. D’ailleurs, quand j’ai parlé ces jours-ci d’« éditeurs prédateurs » à des collègues, ils ont souvent mentionné spontanément les éditeurs en position dominante. Mais l’expression a été traduite littéralement, je ne suis pas le premier. Qui plus est, il serait dommage de créer un faux-ami en parlant de « prédateurs » pour désigner des choses différentes en français et en anglais.

      Quoi qu’il en soit, le vocabulaire n’est pas la question principale. La liste des éditeurs épinglés par Beall montrent que la dérive du modèle auteur-payeur que l’on pouvait craindre s’est produite. Sa longueur montre que ce n’est pas un phénomène négligeable. Pourtant, je suis d’accord que ce n’est pas le problème central de l’édition scientifique. Les aspects économiques globaux, la situation dominante de quelques éditeurs comptent plus pour la recherche et son financement que ce que dont parle cet article. De fait, l’efficacité de l’expression de Beall tend à détourner l’attention de ces enjeux majeurs.

      Ma motivation initiale pour l’écrire, assez modeste, venait des personnes qui tiennent à publier des preuves fantaisistes à tout prix (contre l’avis de la communauté scientifique, au prix de la rigueur, au prix des APC...), ce qui m’a conduit à découvrir combien les éditeurs pseudo-scientifiques sont nombreux. Le sujet s’est révélé plus vaste que prévu. Mais « l’édition en général », c’est un nouveau changement d’échelle. Peut-être pourriez-vous pointer quelques références de façon plus pertinente que ce que je pourrais faire, voire écrire un article sur l’édition et ses enjeux économiques ?

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  • Éditeurs prédateurs

    le 2 octobre 2017 à 17:56, par Nils Berglund

    Selon le blogueur Leonid Scheider, la disparition du site de Jeffrey Beall serait à mettre sur le compte de la maison d’édition controversée Frontiers, mécontente d’apparaître sur sa liste.

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  • Éditeurs prédateurs

    le 16 mai 2018 à 10:01, par Gabriel Sarrazin

    Bonjour,

    Merci pour cet article intéressant.

    J’aurais voulu savoir si vous pensez qu’à terme des logiciels de vérification de preuve comme coq permettront de se passer ou au moins de réduire l’intérêt des relecteurs.

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    • Éditeurs prédateurs

      le 16 mai 2018 à 12:12, par Jérôme Germoni

      Merci pour votre commentaire.
      Je n’ai pas l’impression que l’usage des logiciels de vérification de preuve se répande largement mais surtout, c’est une spécialité à part entière d’écrire des preuves formelles. Pour le théorème de Feit-Thompson, il a fallu cinq ou six ans à une équipe de spécialistes ; pour la conjecture de Kepler, plus de dix, voire quinze ! A contrario, certains mathématiciens écrivent désormais directement une preuve formelle, cf. l’introduction de HoTT, mais cela reste très marginal. Je doute donc que le rôle des relecteurs diminue significativement à court ou moyen terme quelques dizaines d’années au moins ?).
      Cela dit, je ne sais presque rien des logiciels de vérification de preuve et « les prédictions sont un art difficile, surtout quand elle concernent l’avenir ».

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