29 novembre 2009

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  • Euclide et Kandinsky

    le 2 décembre 2009 à 06:45, par Rachid Matta MATTA

    Monsieur Patrick Popescu-Pampu

    Je vous remercie pour votre article « Euclide et Kandinsky » qui va me permettre d’élucider certains points.

    1 – Il n’est pas nécessaire de connaître la pensée personnelle d’Euclide, car son grand mérite est d’avoir choisi le meilleur des travaux de ses prédécesseurs et contemporains pour le réunir dans un système cohérent, consistant, logique et rigoureux. Ce système est connu sous le nom des « Éléments » d’Euclide.
    Il y avait d’autres manuscrits avant Euclide consacrés à la géométrie et à l’arithmétique, mais les successeurs d’Euclide n’ont retenu que les treize livres de ses « Éléments » pour les transmettre à la postérité.
    Le traité des “ Éléments” « qui servit pendant des millénaires de modèle pour l’écriture et pour l’enseignement de cette science » va désormais durer éternellement après la démonstration de son théorème fondamental (le cinquième postulat d’Euclide ou postulat des parallèles), qui rend à la géométrie son unité et ses vérités universelles et éternelles.
    Les motivations d’Euclide sont claires. Il a voulu immortaliser la matière intelligible dans un manuscrit qui sera pour ses successeurs la matière à enseigner pour apprendre aux disciples à raisonner correctement. Tout le monde reconnaît que les « Éléments » d’Euclide ont bien rempli ce rôle, et ils ne nécessitent que quelques rectifications mineures à faire par les mathématiciens formés par son manuscrit. Personnellement, j’apporte ma contribution dans mon livre sous édition « Vingt-Cinq Siècles de Séduction dans la Géométrie » et je recevrai avec joie les critiques pertinentes.
    2 – Les « Éléments » ont été un modèle à imiter, pendant 2200 ans. Après des rectifications mineures et leur fondement ferme, Les « Éléments » le seront à plus forte raison. La géométrie est devenue l’unique discipline fondatrice et unificatrice de la mathématique et de toutes les sciences.
    3 – Toutes les productions nouvelles doivent être fondées sur la géométrie et sans contredire ses théorèmes contraignants et nécessaires découlant des propositions premières vraies et évidentes. Il n’y a pas de place pour des théories nouvelles, et aucun édifice ne peut être érigé en face de l’Édifice euclidien. L’héritage peut être seulement agrandi en hauteur. Tout ajout sera un étage supplémentaire dans l’Édifice euclidien, bien fondé par la démonstration du cinquième postulat, et conçu pour supporter toutes les productions futures, qui doivent nécessairement être vraies et irréfutables. Aucune remise en question n’est tolérée. Il y aura peut-être des raffinements.
    4 – Euclide est le père des géomètres, et ses productions sont métaphysiques, tandis que celles de Kandinsky sont des applications de la géométrie, et par conséquent, soumises aux lois empiriques qui ne peuvent jamais atteindre l’exactitude de la mathématique pure. On ne peut pas parler d’affinité entre Euclide et Kandinsky, mais plutôt de l’influence d’Euclide sur Kandinsky.
    5 – Il n’y a pas (et il n’y aura pas) dans le domaine de la mathématique un texte plus précieux que celui d’Euclide, surtout que le texte euclidien fut parachevé pour rivaliser avec l’éternité.
    6 – La géométrie, après 2004, est devenue une science achevée, et toute production nouvelle devra obligatoirement se fonder sur les « Éléments d’Euclide » ; autrement, elle subira le même sort que les géométries non-euclidiennes. Je termine en citant Tite-Live :

    « La vérité est souvent éclipsée, mais jamais éteinte.

    Rachid Matta MATTA
    Le 2 décembre 2009

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  • Euclide et Kandinsky

    le 5 décembre 2010 à 19:58, par Pierre Gallais

    Je viens (seulement) de lire l’article. Je ne connaissais pas le texte de Kandinsky mais j’ai lu le livre de Paul Klee : La pensée créatrice. Je vous invite à le lire à l’occasion. Paul Klee a enseigné en même temps que Kandinsky au Bauhaus. On retrouve des points communs et pour moi qui suis plasticien et pense comme un mathématicien je me souviens d’avoir été un peu dérouté par son approche poétique de la géométrie. Déroutante pour mon esprit « rationnel » mais envoûtante car elle donnait sinon une âme, une vie à ces éléments abstraits. C’était il y déjà bien longtemps et je me souviens que cela m’a donné matière à réfléchir comment de ces mathématiques qui me fascinent je pourrai tenter de me les approprier poétiquement.
    Le Bauhaus a été une période presque execptionnelle où les échanges entre artistes ont donné naissance à beaucoup de fruits tant dans les arts plastiques que le design et l’architecture. En pensant au Bauhaus on se prend à rêver ... un rassemblement d’artistes qui échangent à la manière (peut-être) d’un laboratoire de recherche.

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    • Les problèmes en art

      le 6 décembre 2010 à 22:00, par Patrick Popescu-Pampu

      Merci pour votre commentaire !

      Je n’ai pas lu le texte de Paul Klee dont vous me parlez, mais seulement « Théorie de l’art moderne », que j’ai aussi adoré. Savez-vous si d’autres artistes du Bauhaus ont écrit des textes théoriques analogues ?

      Pour que les artistes échangent comme vous dites « à la manière d’un laboratoire de recherche », ne faudrait-il pas qu’il y ait des « problèmes artistiques » non résolus , et que les artistes essayent d’y arriver ensemble ? Y a-t-il actuellement de tels problèmes, reconnus au moins par quelques groupes d’artistes ? Connaissez-vous des ouvrages d’histoire de l’art qui essayent de dégager des problèmes ayant consciemment été considérés par les artistes ? A-t-on des correspondances entre artistes au sujet de tels problèmes ?

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